Moments de répit

Après une première moitié de course menée tambour battant, les concurrents des 5 Jours du Léman profitent enfin d'une accalmie. Des vents plus faibles leur offrent quelques précieuses heures pour souffler avant le retour annoncé de la Bise. En tête depuis le passage à Genève, …moi non plus conserve les commandes de la flotte.

Vidy, le 22 juillet – Après avoir bouclé un quatrième tour aux premières heures de la matinée, la flotte des 5 Jours du Léman remonte le lac au large de Lausanne en direction du Bouveret. Les Surprise évoluent dans un régime thermique relativement faible, une parenthèse bienvenue après plusieurs heures de navigation exigeante. Cette accalmie sera toutefois de courte durée : la Bise devrait reprendre de la vigueur dès ce soir et offrir une nouvelle nuit soutenue.

La plupart des équipages mettent à profit ces conditions plus clémentes pour récupérer, manger chaud et reprendre quelques forces. Une pause bienvenue tant la première moitié de course s'est révélée éprouvante.

Leader à bord de …moi non plus, Laurenz Kausche raconte pourtant cette course avec une désinvolture presque déconcertant. « On a raté des choses au début, et on en a mieux réussi d'autres. On a bien travaillé les fichiers météo et on est surtout très contents de notre journée d'hier. Aujourd'hui, c'est un peu plus compliqué, mais ce qu'on fait semble fonctionner. »

À bord de LBLP Architectes – Satellite Communication, troisième au classement provisoire, Loïc Preitner savoure lui aussi cette respiration. « C'est agréable d'avoir des conditions un peu moins fortes. On est redevenus chasseurs après avoir été chassés, mais on compte bien revenir sur les premiers. Avec le vent qui baisse, il va y avoir des transitions et des zones tampons. Il faudra rester concentrés. On arrive à se reposer, à bien manger et, surtout, on prend énormément de plaisir à naviguer. »

Quatrième en fin de journée sur G. Homminal & ses fils, Alexis Rochat insiste sur l'intensité du rythme imposé depuis le départ. « On est partis sur les chapeaux de roues et ça ne s'est jamais arrêté. C'est très intense, on règle les voiles en permanence. Ça navigue fort et on ne peut rien lâcher. C'est la première fois que je navigue avec Nicolas Kaufmann. Il a fallu trouver notre mode de communication, mais ça fonctionne très bien. On mange correctement et on commence enfin à réussir à dormir. C'est éprouvant, mais on est contents de notre course. »

À bord de Chinook, Daniel Bouwmeester reconnaît que la fatigue commence à se faire sentir. « Avec la Bise, ça a été intense. On a très peu dormi, car il était difficile de naviguer seul ; il fallait presque toujours être deux sur le pont. Quand les conditions le permettaient, on faisait des quarts de vingt minutes, mais ça restait compliqué. Maintenant, on profite des conditions plus calmes pour récupérer, manger, produire de l'eau douce et se laver un peu. On a perdu un peu de terrain en sortant du Petit-Lac, mais la nuit qui arrive s'annonce capricieuse. Ça promet. »

À souligner également, la très belle performance de L'Enfant Bleu, skippé par Arnaud Machado et Alban Pellegrin, solidement installé dans le top 10 depuis le départ. Fidèle de l'épreuve et réputé pour sa ténacité, Arnaud a embarqué l'ancien aventurier de Koh-Lanta afin de mettre en lumière l'association qu'il soutient, engagée dans la lutte contre la maltraitance des enfants. Pour Alban, qui découvre la voile, le principal défi reste le manque de sommeil. « J'ai dormi deux heures par vingt-quatre heures. Je suis un peu crevé, mais tout va bien. Même si c'est dur, on garde la motivation et on ne lâche rien. »

Le répit devrait être de courte durée. Dès ce soir, la Bise devrait reprendre ses droits et offrir aux concurrents une nouvelle nuit exigeante. En tête de flotte, les premiers pourraient boucler un cinquième tour avant le milieu de la nuit.

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Trois nuits, quatre tours et un peloton