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Jean Baptiste Zerlauth - Escape

 


Jean Baptiste Zerlauth - Escape :

5 jours 5 nuits 5 sens…

Quelle motivation parvient à inciter chaque année une soixantaine de régatiers à affronter les perversités et la magnificence du Léman ? La passion ? L’insouciance ? La compétitivité ? Le besoin de s’évader ? 

Même après 120 heures écoulées au gré des vents et courants des 580km2 de ce fantastique terrain de jeu, suivies de 28 heures de sommeil réparateur… il paraît très délicat de déterminer avec précision la multitude de sentiments et sensations procurées par cette fabuleuse escapade. Une certitude : cette expérience distillera à jamais en nous les fruits de l’exaltation de nos sens décuplés ces cinq jours et cinq nuits.

Le sens tactile : Le Surprise se prête tout particulièrement à ce jeu précis d’adresse et de haute technicité. Réactif à souhait par petits temps, robuste et solide en conditions musclées, il apparaît comme le support idéal pour satisfaire notre envie de parcourir un maximum de kilomètres en toute sécurité. L’équipage fait corps avec son embarcation, un véritable tact digne d’un exercice de broderie. Tel le pianiste sur son clavier, chacun se soucie d’accorder son instrument pour le faire résonner en harmonie suivant les gammes imposées par Dame Nature. 

La sensation tactile est apaisante, comme celle d’humidifier nos conjonctives endolories par un manque manifeste de sommeil, par la brume du petit matin; ou encore jouir de la fraîcheur de l’eau du lac empreintée lors d’une baignade salvatrice.

La vue : Le navigateur du Léman a le privilège de percevoir le caractère immaculé d’un lever de soleil, la pureté d’un coucher de lune parsemé d’innombrables constellations d’étoiles toutes plus belles les unes que les autres. Admirer une flotte embrasée des lueurs des éclairs, scruter l’engouement d’un équipage voisin en pleine effervescence, presque communiquer avec un vol de colverts endiablés, sont autant de réjouissances pour nos yeux, qui défilent sans cesse, à l’instar de photographies gravées à jamais dans nos mémoires. Côte suisse, côte française, à babord, à tribord, le défilé des merveilles inscrites au patrimoine du Léman ne cesse de satisfaire notre soif de découverte.

L’ouïe : La nuit décuple la perception de l’environnement sonore : le cliquetis de l’eau sur la coque du bateau, le sifflement des risées affleurant le pavillon de l’oreille, le grondement des cordages et le hurlement des winchs et des poulies lorsque l’on se blottit contre la coque du bateau, l’explosion inattendue du tonnerre rugissant des quatre coins du compas.

Que faire lorsque le murmure du soupir de mon co-équiper désigne un instant de résignation ? Un instant plus tard, quelle satisfaction de partager ses éclats de rire, une fois enivrés par les endorphines et l’excitation du moment ?

En journée l’atmosphère sonore ne manque pas de tenir en éveil chacun de nous : il se peut qu’un requiem de Mozart rende mythique une descente sous spi, voire que les couleurs turquoises des côtes sablonneuses nous fassent chantonner Les Marquises de Jacques Brel.  Sans oublier le coup de feu final : le drapeau de l’arrivée aussi haut en couleur que le sourire des heureux finishers.

L’odorat et le goût : La sensation odorante précède la venue de la récompense de l’effort ; elle annonce ce petit plat mijoté tant attendu, préparé aux détours d’une journée de labeur. Chaque aliment détonne avec sa fraîcheur et révèle des saveurs jusqu’alors insoupçonnées, lorsqu’elles prennent le goût de la récompense. La digestion prend effet immédiat sur le mental et sur la vitesse !! comme si elle démultipliait le couple des voilures du Surprise. 

Tous ces sens exaltés alimentent une extrême complicité entre co-équipiers. Les échanges sont permanents au profit d’une concentration la plus totale, dans le but de décupler les capacités de notre embarcation. Un regard, un geste, un soupir, une exclamation, une attitude sont autant d’indices à décrypter, à convertir au plus vite en énergie positive, afin d’anticiper les volontés de chacun et mouvoir notre bateau. L’entraide est continue : aucune place à la discorde ni à la dispute, notre seul objectif est de conjuguer nos efforts face à la difficulté permanente de l’épreuve. 

Car le Léman n’autorise aucunement le caractère aléatoire ou désorganisé d’un équipage. La précision se doit d’être de rigueur chaque instant du nycthémère. La diversité des conditions météorologiques rencontrées sur ce court laps de temps paraît démesurée. La complexité des reliefs avoisinants est telle que la prévision des vents thermiques ou dominants s’avère très aléatoire. Seule une lecture continue du plan d’eau alliée à un intérêt approfondi envers les amers terrestres sont susceptibles d’indiquer la marche à suivre. 

Départ Dimanche 14h.. Arrivée Vendredi 14h.. Le classement final reste imprévisible jusqu’au dernier bord, le suspens et la tension sont à leur comble.. tel qu’en témoigne l’engouement incessant des supporters restés à terre.

La magie d’une recette réside dans le bon mélange de ses ingrédients. Y ajouter une note de complicité, un zeste de technicité, brasser le tout dans un récipient de 580km2, et sublimez l’exaltation de vos 5 sens sur les 5 jours du Léman !

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